|
En
radiogoniométrie, un relevé est une mesure de la
direction d'un signal. Il s'effectue à l'aide d'un récepteur
permettant d'écouter la fréquence de la balise
en mesurant la force des signaux et surtout d'une antenne la
plus directive possible. Le relevé fournit plusieurs informations
:
- direction en degrés par rapport au Nord.
- incertitude sur la direction (direction floue, présence
de réflexions...).
- force du signal (S1 à S9+).
- polarisation (horizontale ou verticale)
Direction d'un relevé
Encore
appelé azimut, c'est l'angle formé entre la direction
de la balise et le nord. On confond généralement
nord géographique NG et nord magnétique
NM puisque la déclinaison
magnétique est faible par rapport à l'incertitude
de la mesure. Un relevé en direction :
- du nord correspond à 0 degrés,
- de l'Est correspond à 90 degrés
- du Sud correspond à 180 degrés
- de l'Ouest correspond à 270 degrés
Précision d'un relevé
L'incertitude dépend de
plusieurs facteurs qui peuvent s'ajouter :
- direction du nord : boussole manquant de fiabilité ou
perturbée par des masses magnétiques proches (béton
armé, véhicule...), opérateur inexpérimenté.
- axe électrique de l'antenne (lobe principal) différent
de l'axe mécanique (boom).
- antenne peu directive (cas des antennes à 2 éléments).
- présence de réflexion
sur le relief (échos).
Sans parler des erreurs grossières comme la confusion
entre l'avant et l'arrière de l'antenne (cas de l'antenne
HB9CV à 2 él.) ou la mauvaise utilisation de la
boussole.
Un relevé peut être flou, par exemple dans le cas
où l'on mesure la direction d'un écho sur une colline
proche, et posséder malgré tout une grande valeur
pour le PC.
Un relevé de 45 degrés + ou - 10 degrés
indique que la direction de la balise peut se trouver en réalité
entre 35 et 55 degrés par rapport au nord.
Méthode de mesure
Un relevé doit être
effectué vite et bien. Que ce soit un exercice SATER ou
un chasse au renard, le temps est compté. Mais un relevé
bâclé peut faire perdre beaucoup de temps. Voici
quelques règles essentielles.
- Chercher un endroit le plus dégagé possible.
- S'éloigner des masses métalliques (véhicules,
hangar, ouvrages ou dallage en béton armé...) qui
pourraient perturber la boussole.
- S'éloigner des constructions réfléchissants
les ondes, des lignes électriques ou téléphoniques,
des autres antennes fonctionnant sur la même bande...
- Vérifier le bon branchement du câble sur l'antenne
et sur le récepteur.
- Vérifier la fréquence du récepteur et
supprimer le squelch.
- Tourner l'antenne dans toutes les directions en polarisation
horizontale comme en polarisation verticale.
- Faire 3 mesures à 30 ou 50 mètres de distance
et faire la moyenne des trois.
- Relever également la direction du principal écho
ou de ce que l'on considère comme tel.
- Si possible faire effecter la mesure à la boussole par
un coéquipier placé plusieurs mètres dérrière
l'opérateur.
Contrôle de la fiabilité
des mesures
On a toujours intérêt
à vérifier la fiabilité de la méthode
de mesures et du matériel en dehors des exercices. Cette
manip peut faire l'objet d'un exercice technique pour une ADRASEC
ou un radioclub.
- Placer une microbalise (quelques milliwatts) en un endroit
dégagé dans une plaine (un terrain d'aviation,
par exemple)
- Faire une dizaine de relevés dans un rayon de un ou
deux kilomètres en gardant la balise en vue directe.
- Utiliser tour à tour la polarisation horizontale et
verticale (antenne penchée à droite et à
gauche)
- Mesurer la direction à la boussole, vérifier
avec la carte.
- Comparer la sensibilité des récepteurs en utilisant
les mêmes antenne et atténuateurs.
Tracé sur la carte
Théoriquement la balise doit se trouver à l'endroit
où se coupent les deux relevés. Compte tenu de
l'incertitude de la mesure, la balise a en réalité
une probabilité de se trouver dans le losange formé
de l'intersection des deux relevés complétés
de leur tolérance.
On voit que plus l'angle formé par les deux directions
est proche de 90 degrés, plus est réduite la surface
du losange.
|